SAGIR en MEUSE

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SAGIR est un dispositif national permettant de suivre l'état sanitaire des populations d'animaux sauvages. Il est important que les animaux analysés soient complets et en bon état de conservation. En cas de découverte de cadavres, vous pouvez contacter le technicien de secteur qui jugera de la nécessité d'analyser l'animal et vous informera de la procédure qui sera mise en place.  

 Bilan SAGIR

En 2005, la Fédération des Chasseurs de la Meuse a analysé 14 cadavres d’animaux, avec 7 chevreuils, 3 lièvres, 1 renard, 2 faisans et 1 mouette. De plus des produits chimiques sous forme d’appâts ou de boulettes ont été analysés, indiquant que certains étaient empoisonnés et d’autres contenaient du répulsif à grand gibier. Les autopsies sont faites au Laboratoire Vétérinaire Départemental de la Meuse et les analyses toxicologiques à Lyon. Les résultats ont indiqué des strongles sur les chevreuils, sans toutefois que ce soit la cause directe de la mort et de l’EBHS sur des lièvres. Pour un chevreuil, il a été trouvé un empoisonnement à la chlorophacinone qui est un anticoagulant. Les deux faisans ont succombé à la coccidiose. Aucun lièvre n’a été trouvé porteur de la tularémie. Dans de nombreux cas, les animaux sont porteurs de parasites, qui sont classiques et existent chez beaucoup d’animaux même sains.

 

    L’année 2006 a quant à elle, été très particulière avec l’arrivée du premier épisode d’influenza aviaire. Les services de l’Etat ont sollicité la Fédération pour participer activement à la surveillance de cette maladie. Nous avons centralisé des appels téléphoniques et assurer le rapatriement de cadavres d’oiseaux à analyser dans le cadre de SAGIR. Cela veut dire que la Fédération des chasseurs paie intégralement les analyses, sauf celle de la grippe aviaire. Cette mission a été menée en collaboration avec l’ONCFS et a abouti à l’acheminement de 27 oiseaux, grues cendrées, hérons, aigrette, cormorans, canards, buse, faucon crécerelle, mouette, tous négatifs en grippe aviaire. En parallèle, le réseau SAGIR a continué de fonctionner normalement et a permis l’autopsie de 20 mammifères : 9 chevreuils, 8 lièvres, 1 renard, 1 blaireau et 1 sanglier.

Quelques empoisonnements de lièvres avec des produits phytosanitaires sont les faits les plus marquants. De la coccidiose a été retrouvée sur un lièvre et un blaireau. Les chevreuils portaient presque tous des strongles, mais cela ne peut systématiquement expliquer la mort. Il semble que les recherches sur ce sujet mériteraient d’être poursuivies à l’échelon national. Une enquête avec les spécialistes de l’ONCFS va être lancée sur des massifs du département de la Meuse. Un suivi de poids, taille, tableaux de chasse, … sera analysé statistiquement. En parallèle, 5 cadavres de chevreuil seront autopsiés finement sur le département. Un deuxième département français suivra la même procédure, afin de chercher de nouvelles pistes sanitaires sur des causes de mortalité.

 

Rappel sur la trichine :

    La trichine est un parasite qui peut infester l’homme, lorsque celui-ci ingère de la viande contaminée. La larve va alors s’enkyster dans la plupart des cas dans les muscles striés provoquant des troubles et douleurs. Si le renard est le principal réservoir, le sanglier est le vecteur le plus important pour l’homme. La congélation à son domicile n’est pas une garantie absolue, c’est pourquoi le meilleur moyen de destruction de la trichine est la chaleur, avec une viande cuite à cœur. Une viande en sauce sera donc plus efficace. Grillades saignantes s’abstenir ! Ainsi en cas de cession à des détaillants/restaurateurs ou de commercialisation, il est rappelé qu’un contrôle trichinoscopique est obligatoire.

    D’autre part, des vers parasites de l’espèce Alaria alata ont été trouvés en décembre 2006 dans des viandes de sangliers abattus dans le secteur de Vigneulles-les-hattonchâtel. Ce petit ver est habituellement contenu dans le tube digestif de carnivores, puis est absorbé habituellement par des mollusques et batraciens. Le sanglier, comme l’homme, peuvent être des hôtes intermédiaires s’ils consomment ce parasite. Comme la trichine, les larves se positionnent alors dans les muscles. Les mesures de sécurité sont identiques à celles prises pour la trichine. Il faut cuire à cœur la viande avant de la consommer. De plus, lors d’une commercialisation l’examen de la trichine est fait et permet sur les mêmes échantillons le dépistage d’Alaria alata. En cas de présence, la carcasse est alors détruite.

    Dépistage et cuisson à cœur sont bien les mesures de prévention à effectuer pour ces deux parasites sans tomber pour cela dans une peur excessive.

 

    Echinococcose et tir de nuit

La Fédération des Chasseurs de la Meuse s’est investie depuis plusieurs années dans une étude nationale sur la présence de l’échinococcose alvéolaire. Cette maladie mortelle chez l’homme provient d’un ver parasite intestinal du renard. La larve peut alors passer chez l’homme et se développer principalement dans le foie. Les œufs sont sur des végétaux ou sur des baies sauvages souillées par les déjections de renards contaminés. Une première phase d’étude en Meuse a été réalisée par ramassage de fèces de renards avec l’aide de gardes particuliers et de piégeurs. Trois secteurs ont été trouvés positifs. Ensuite, il a été demandé dans un deuxième temps, 104 intestins de renards répartis sur le département pour une observation directe du parasite. La totalité des renards a été prélevée sur 2 ans, par tir de nuit au phare et uniquement par des Lieutenants de louveterie ou des personnels techniques de la Fédération. Cette mesure a été permise par la prise d’un arrêté préfectoral spécifique autorisant les prélèvements à des fins scientifiques. Nous sommes actuellement en attente des analyses et espérons pouvoir présenter aux chasseurs le résultat géographique du travail réalisé. Ce travail est coordonné par l’Entente de Lutte contre la Rage et autres Zoonoses, basée à Malzéville (-54-).

 Ph.VUILLAUME

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Dernière modification : 21-05-08.