Equilibre sylvo-cynégétique
L’équilibre entre forêt et gibier consiste à rendre compatible la présence durable d’une faune riche et variée, tout en assurant la pérennité des activités sylvicoles et le renouvellement de la forêt. La recherche d’un développement mutuel harmonieux est un enjeu primordial pour garantir le bon fonctionnement de cet écosystème.
La dynamique entre la faune sauvage et la flore est en constante évolution. Les chasseurs et les forestiers travaillent conjointement à suivre ces changements afin d’éviter tout déséquilibre qui pourrait à terme entrainer des perturbations majeures telles que la diminution de la régénération forestière, l’appauvrissement de la biodiversité et l’altération de l’écosystème.
Suivi de l’évolution écologique
Afin de mesurer l’impact des ongulés sur l’écosystème meusien, la Fédération Départementale des Chasseurs de la Meuse, procède tous les ans au relevés, au suivi et au traitement des informations sur la continuité écologique appelées ICE.
Financés dans le cadre de l’écocontribution, les ICE font partis d’un programme national visant au suivi de l’évolution des populations d’ongulés. Ce dispositif s’appuie sur trois index : l’abondance, la consommation, et la performance.
Indices de consommation (IC)
Le relevé des indices de consommation permet de mesurer la pression exercée par les ongulés sur la flore. Ceux-ci sont réalisés chaque année à la même période et selon d’un protocole précis, sur un réseau de placettes géolocalisées.
Les indices d’abondance (IKA)
Des comptages, diurnes pour l’espèce chevreuil et nocturnes pour l’espèce cerf, sont réalisés deux fois par an sur des circuits prédéfinis. L’ensemble de ces données chiffrées permettent d’établir les indices kilométriques d’abondance (IKA) de chaque population.
Indice de performance (IP)
Cet indice, basé sur la pesée des faons et chevrillard, permet de déterminer la santé et la robustesse des jeunes spécimens. Cette donnée est représentative de la dynamique générale des populations d’ongulés.
La synthèse des ICE aide à établir les futurs plans de chasse en fournissant une tendance et des orientations techniques en regard des données recueillies sur les populations de gibier. Ils peuvent également servir à affiner, voire à conforter, les recommandations de prélèvements pour la campagne cynégétique à venir.
Suivi des populations d’oiseaux
Comme bon nombre de naturalistes et autres passionnés de l’avifaune le savent, les oiseaux sont de véritables indicateurs de l’état de santé de la biodiversité. Leur suivi est donc capital pour détecter les signaux liés à l’évolution des milieux naturels, au dérèglement climatique ou encore aux effets de l’aménagement du territoire. Plusieurs outils de suivi existent en Meuse.
Les protocoles STOC / SHOC
Le suivi des oiseaux communs STOC-SHOC est un protocole basé sur le comptage visuel et auditif des oiseaux. Réalisé par les techniciens cynégétiques de la FDC 55, il permet d’identifier sur un secteur donné les espèces présentes et le nombre d’individus.
Les écoutes sont réalisées sur un circuit à étapes dont les secteurs sont tirés au sort aléatoirement par la coordination nationale, afin de permettre un échantillonnage représentatif. Pour augmenter la fiabilité de ces données, le suivi STOC est effectué chaque printemps et nécessite trois passages pour une même zone :
- au retour de la migration
- sur la période de nidification
- à l’arrivée des nicheurs tardifs
A terme, le croisement des données STOC-SHOC permet d’apprécier l’évolution des espèces communes d’oiseaux nicheurs en Meuse.
Radar ornithologique
Parce qu’elle est située au passage de plusieurs voies migratoires connues, le Meuse est l’un des trois départements à avoir été choisi par la Fédération Régionale du Grand Est pour accueillir un radar ornithologique. Installé dans la plaine de la Woëvre, ce dispositif inédit sur le territoire vient compléter le réseau régional développé depuis 2021 grâce au soutien financier de la Fédération Nationale des Chasseurs et de la Région Grand-Est.
Fonctionnement
Les radar ornithologiques MR1 installés dans le Grand Est peuvent détecter le passage des oiseaux jusqu’à 6000 mètres d’altitude et ce, de manière continue, ce qui constitue une véritable avancée dans le suivi des populations migratrices dont les déplacements se font majoritairement de nuit. Un algorithme d’intelligence artificielle traite ensuite les données enregistrées par les radars et permettent une reconnaissance des différentes espèces en fonction des caractéristiques de leurs écho-signatures (taille des individus, fréquence de battements d’ailes, morphologie).
Les données issues de l’ensemble des radars ornithologiques du Grand-Est alimentent la plateforme nationale AeroRad, un outil de visualisation interactif accessible à tous, et qui permet de suivre les migrations en temps réel sur tout le territoire.
Les données issues de l’ensemble des radars ornithologiques du Grand-Est alimentent la plateforme nationale AeroRad, un outil de visualisation interactif accessible à tous, et qui permet de suivre les migrations en temps réel sur tout le territoire.